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Monthly Archives: octobre 2010

Le paradoxe de la pensée. Les exigences contradictoires de la pensée philosophique

Editions du Félin, 2010.

ISBN: 9782866457457 – 12 €

Quatrième de couverture: Penser n’est pas associer des idées ou vagabonder par l’esprit. C’est un effort. Notre nature nous porterait plutôt vers la croyance, le conformisme et l’obéissance. « Penser, c’est dire non », remarquait Alain : non aux apparences, non aux dogmes, non aux autorités. Telle est la première exigence de la pensée : la vigilance critique. Il s’agit de cesser de croire, au moyen d’un scepticisme bien compris. L’esprit critique est le marteau avec lequel la philosophie casse toutes les idoles.

          Mais jusqu’où aller dans ce travail de sape ? Après avoir déboulonné Dieu, l’Âme et la Raison, l’intelligence réductionniste doit-elle encore s’en prendre au Sujet, à l’Homme et à la Liberté ? Ce serait prolonger la Modernité en modernisme. Le penseur affirmant l’impuissance de sa pensée ressemble à un enfant cassant son jouet. Pour penser, il faut parier dans les vertus de la pensée. Ce n’est plus de la croyance ou de l’idolâtrie, mais le principe d’une seconde exigence. L’exigence méta-critique sauve le scepticisme du nihilisme : tout ne se vaut pas. Penser, c’est aussi juger, hiérarchiser et gouverner ses idées.

          On appelle scepticisme constructif l’association paradoxale de ces deux exigences, qui définit le cercle dans lequel se meut la philosophie. Chercher les conditions, les limites et les réquisits de la pensée, c’est aussi s’interroger sur la nature de la philosophie et sur la spécificité du problème philosophique.

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La condition philosophique et le problème du commencement. Parcours thématique et historique des gestes fondateurs par lesquels les philosophes ont défini la nature de la pensé et sa vocation

Editions du Cercle Herméneutique, 2009.

ISBN: 9782917957042 – 16 €

Quatrième de couverture: Philosopher n’est pas expliciter ou développer des opinions, mais s’efforcer de rompre avec celles-ci en projetant sur les choses l’éclairage salvateur de la pensée. Amoureux de la sagesse, le philo-sophos l’est aussi de la vérité : il est en chemin vers la vérité. Mais comment aller au vrai en partant du faux ? Comment trouver une première vérité, se demandait Descartes ? Comment même la chercher si on en ignore totalement la nature, remarquait Platon avant lui ? C’est ainsi que le problème du commencement − de sa nécessaire mais impossible autolégitimation − a traversé toute l’histoire de la philosophie. Qu’on le prenne au sérieux au point d’y consacrer sa vie (comme ont fait Fichte, Schelling, Hegel, Husserl, et bien d’autres), ou qu’on en dénonce la vacuité et l’inutilité (comme certains empiristes, existentialistes ou philosophes analytiques), la question du commencement a toujours hanté la philosophie. Il est donc nécessaire de faire le point sur ce “fantôme”, et pour cela de dresser une typologie des commencements, qui se présente comme un vaste parcours historique.

          Mais la lecture des auteurs doit d’abord servir l’instruction du problème lui-même. Il apparaît naïf de concevoir le commencement comme une rupture absolue inaugurant le règne de la Vérité. Irréductible aux associations d’idées et aux réflexions circonstanciées qui ponctuent notre vie quotidienne, la philosophie ne part pourtant pas de rien. S’interroger sur le commencement revient ainsi à se demander ce que suppose la pensée philosophique, ce qu’elle est en droit d’espérer, et ce dont elle doit désespérer. En pensant les possibilités et les limites de l’entreprise de systématisation, on est donc amené à réfléchir sur la vocation de la philosophie et sur la nature de la pensée, de sorte que ce questionnement réflexif pourrait bien être le commencement authentique.

Vincent Citot / Philosophie