Skip navigation

Problèmes épistémologiques en histoire de la philosophie (sous la dir. de V. Citot)

Edition Liber, Montréal, sept. 2017.

ISBN: 978-2-89578-596-5 – 27 € / 35 $ CAD

Quatrième de couverture: Cet ouvrage est motivé par ce constat paradoxal : alors que l’histoire de la philosophie a pris une importance énorme dans la production philosophique, la réflexion épistémologique sur les méthodes et les enjeux de cette histoire est restée tout à fait négligée. Or, faire quelque chose sans s’interroger sur la façon dont on le fait, c’est prendre le risque de mal le faire. Parmi le grand nombre de questions qui se posent à cet égard, on doit se demander que signifie bien comprendre un auteur du passé ? Faut-il considérer avant tout ce qu’il a voulu dire, ou bien expliquer ce qu’il a dit par des influences souterraines non conscientes ? Faut-il expliquer les penseurs par les courants qui les comprennent, ou bien ne considérer les courants, les écoles et les traditions que comme des affiliations intellectuelles abstraites ? L’histoire de la philosophie doit-elle servir à former le jugement philosophique présent, ou bien valoir pour elle-même ? Qui est le plus à même de l’écrire : l’historien ou le philosophe ? Qui doit l’enseigner, et selon quelle méthode ? La seule thèse que cet ouvrage se permet de défendre est celle-ci : toutes ces questions se posent, et l’historien de la philosophie aurait profit à se les poser plus frontalement qu’il ne le fait de coutume. Les contributions regroupées ici l’y aideront.

Contributeurs
Pascal Charbonnat, Stéphane Chauvier, Vincent Citot, David Cosandey, Stanislas Deprez, François Dosse, Frédéric Fruteau de Laclos, Christophe Giolito, Christian Godin, Michel Hulin, Alain Laurent, Jean-Michel Muglioni, Louis Pinto, Serge Trottein, Dominique Urvoy, Stéphane Van Damme, Nicolas Zufferey

 

Table des matières

Présentation – Vincent Citot

Première partie – Philosophie, histoire, sociologie

François Dosse – Historiens et philosophes : généalogie d’un non-rapport

Stéphane Van Damme – Une approche historienne de la philosophie de l’époque moderne est-elle possible ?

Vincent Citot – L’histoire de la philosophie comme science rigoureuse

Louis PintoLe sociologue face à l’histoire de la philosophie

Stanislas DeprezPour une histoire rhétorique et critique de la philosophie

Deuxième partie – Questionnements épistémologiques et philosophiques

Frédéric Fruteau de LaclosComment on écrit l’histoire de la philosophie

Christophe GiolitoL’histoire de la philosophie : problèmes et pratique

Jean-Michel MuglioniLire les philosophes

Stéphane ChauvierCompréhension réelle et compréhension simulée : deux façons de lire les philosophes du passé

Pascal CharbonnatVers un modèle pour l’historiographie des énoncés philosophiques

Christian GodinLa consistance du concept d’histoire de la philosophie

Troisième partie – Historiographie des philosophies non occidentales

Dominique UrvoyÀ propos de l’histoire de la philosophie

Michel HulinLa « philosophie » indienne a-t-elle une histoire ?

Nicolas ZuffereyL’histoire de la philosophie chinoise : problèmes épistémologiques

Quatrième partie – Esthétique, histoire des sciences, pensée politique

Serge TrotteinEsthétique et historiographie

David CosandeyHistoire des sciences et histoire de la philosophie : cousines, soeurs ou jumelles ?

Alain LaurentDe quoi le libéralisme est-il vraiment le nom ?

 

 

Publicités

Puissance et impuissance de la réflexionPuiss-et-impuiss-réflexion-1ère-de-couv

Le Cercle Herméneutique, mai 2017 – 15 €

Quatrième de couverture: Réfléchir à la réflexion, penser la pensée et philosopher sur la philosophie, voilà ce que l’on propose de faire ici. Cette démarche est moins formelle qu’il n’y paraît, car interroger la nature et les exigences de la pensée philosophique engage toute une philosophie. Une philosophie qui n’est pas dupe d’elle-même et qui commence par examiner sa propre finitude. « La dernière démarche de la raison, c’est de connaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent. Elle est bien faible si elle ne va jusque là », disait Pascal. Nous montrons dans un esprit proche que la réflexion est d’autant plus puissante qu’elle reconnaît son impuissance, comme la philosophie authentique doit se savoir doublement bornée, par la pensée scientifique d’une part, et par la pensée mystique d’autre part. Il ne s’agit pas de rabaisser la philosophie, mais au contraire de lui permettre de comprendre ce qui la comprend et de trouver sa juste place dans le champ intellectuel.

Table des matières

Partie I – Enjeux ontologiques, gnoséologiques et axiologiques de la réflexion

1- Fécondité de la réflexion, primat phénoménologique de l’irréfléchi, et horizon métaphysique de la réflexivité philosophique

2- Les insuffisances gnoséologiques de la réflexion et l’horizon scientifique de la philosophie

3- La réflexion sur les valeurs et les valeurs immanentes à la réflexion

Partie II – La religion, la philosophie, la science et la mystique : progrès et bornes de la réflexion théorique

1- Les progrès de la réflexion théorique : la religion, la philosophie et la science

2- Les bornes de la réflexion théorique : la science, la philosophie et la mystique

Partie III – Nature et exigences de la pensée philosophique (étude sur la philosophie et philosophie de la philosophie)

1- Remarques introductives sur le projet de définir la philosophie et d’évaluer les philosophies

2- Les exigences théoriques de la philosophie

3- Les exigences pratiques de la philosophie

4- Bilan sur les questions de définition et d’évaluation

Partie IV – De la réflexivité intradisciplinaire à l’objectivation extradisciplinaire (histoire philosophique et savante de la philosophie)

1- Remarques générales sur les rapports d’une discipline à son historiographie

2- De la sociologie de la philosophie à l’histoire scientifique de la philosophie

 

 

Ce site présente mes activités de recherche et d’enseignement en philosophie. Les premières peuvent se ranger sous trois rubriques principales:

– Une réflexion sur la nature et les exigences de la pensée philosophique. Dans la continuité de ma Thèse, rédigée au début des années 2000, je tâche de déterminer ce qui fait la spécificité d’un problème philosophique et, partant, de la pensée philosophique par rapport à la pensée scientifique et aux diverses formes de théorisation religieuse. Mes trois premiers livres publiés (2009, 2010 et 2017), et quelques articles plus récents, traitent de ces questions.

– Un ensemble de travaux d’histoire de la philosophie, qui mettent à l’épreuve certaines hypothèses sur les liens entre les histoires des pensées religieuse, philosophique et scientifique. A cette thématique sont rattachés divers articles d’épistémologie de l’histoire de la philosophie, où je m’interroge sur la façon dont il convient d’écrire cette histoire. L’ouvrage collectif (2017) que j’ai dirigé traite de ces thèmes, sur lesquels je reviendrai d’une façon beaucoup plus approfondie dans un ouvrage qui devrait paraître en 2018 ou en 2019.

– Des articles ou essais sur des questions de philosophie classique: la liberté et le déterminisme, les rapports de la conscience et du corps, le culturel et l’universel,  la question de la justice eu égard aux valeurs d’égalité et de démocratie, le jugement esthétique, le bonheur, etc. L’unité de ces études tient à leur méthode, qui coordonne réflexion philosophique et culture scientifique, selon un rapport thématisé dans les deux premières rubriques mentionnées ci-dessus.

Le paradoxe de la pensée. Les exigences contradictoires de la pensée philosophique

Editions du Félin, 2010.

ISBN: 9782866457457 – 12 €

Quatrième de couverture: Penser n’est pas associer des idées ou vagabonder par l’esprit. C’est un effort. Notre nature nous porterait plutôt vers la croyance, le conformisme et l’obéissance. « Penser, c’est dire non », remarquait Alain : non aux apparences, non aux dogmes, non aux autorités. Telle est la première exigence de la pensée : la vigilance critique. Il s’agit de cesser de croire, au moyen d’un scepticisme bien compris. L’esprit critique est le marteau avec lequel la philosophie casse toutes les idoles.

          Mais jusqu’où aller dans ce travail de sape ? Après avoir déboulonné Dieu, l’Âme et la Raison, l’intelligence réductionniste doit-elle encore s’en prendre au Sujet, à l’Homme et à la Liberté ? Ce serait prolonger la Modernité en modernisme. Le penseur affirmant l’impuissance de sa pensée ressemble à un enfant cassant son jouet. Pour penser, il faut parier dans les vertus de la pensée. Ce n’est plus de la croyance ou de l’idolâtrie, mais le principe d’une seconde exigence. L’exigence méta-critique sauve le scepticisme du nihilisme : tout ne se vaut pas. Penser, c’est aussi juger, hiérarchiser et gouverner ses idées.

          On appelle scepticisme constructif l’association paradoxale de ces deux exigences, qui définit le cercle dans lequel se meut la philosophie. Chercher les conditions, les limites et les réquisits de la pensée, c’est aussi s’interroger sur la nature de la philosophie et sur la spécificité du problème philosophique.

La condition philosophique et le problème du commencement. Parcours thématique et historique des gestes fondateurs par lesquels les philosophes ont défini la nature de la pensé et sa vocation

Editions du Cercle Herméneutique, 2009.

ISBN: 9782917957042 – 16 €

Quatrième de couverture: Philosopher n’est pas expliciter ou développer des opinions, mais s’efforcer de rompre avec celles-ci en projetant sur les choses l’éclairage salvateur de la pensée. Amoureux de la sagesse, le philo-sophos l’est aussi de la vérité : il est en chemin vers la vérité. Mais comment aller au vrai en partant du faux ? Comment trouver une première vérité, se demandait Descartes ? Comment même la chercher si on en ignore totalement la nature, remarquait Platon avant lui ? C’est ainsi que le problème du commencement − de sa nécessaire mais impossible autolégitimation − a traversé toute l’histoire de la philosophie. Qu’on le prenne au sérieux au point d’y consacrer sa vie (comme ont fait Fichte, Schelling, Hegel, Husserl, et bien d’autres), ou qu’on en dénonce la vacuité et l’inutilité (comme certains empiristes, existentialistes ou philosophes analytiques), la question du commencement a toujours hanté la philosophie. Il est donc nécessaire de faire le point sur ce “fantôme”, et pour cela de dresser une typologie des commencements, qui se présente comme un vaste parcours historique.

          Mais la lecture des auteurs doit d’abord servir l’instruction du problème lui-même. Il apparaît naïf de concevoir le commencement comme une rupture absolue inaugurant le règne de la Vérité. Irréductible aux associations d’idées et aux réflexions circonstanciées qui ponctuent notre vie quotidienne, la philosophie ne part pourtant pas de rien. S’interroger sur le commencement revient ainsi à se demander ce que suppose la pensée philosophique, ce qu’elle est en droit d’espérer, et ce dont elle doit désespérer. En pensant les possibilités et les limites de l’entreprise de systématisation, on est donc amené à réfléchir sur la vocation de la philosophie et sur la nature de la pensée, de sorte que ce questionnement réflexif pourrait bien être le commencement authentique.

Vincent Citot / Philosophie